05 novembre 2008

Crise financière: Causes et conséquences

En faisant mes recherches de sources pour écrire un article sur la Crise financière, j'ai trouvé cet article publié par Nicolas MARTELIN des Jeunes Radicaux 54 sur le site des Jeunes Radicaux. Après lecture de son article, j'ai décidé de ne pas écrire d'article tellement le sien est limpide.
Les Jeunes Radicaux 54, que de souvenirs... Encore merci pour votre accueil lors de nos Universités d'été de NANCY des 14-15-16/09/07.
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-40% sur l’indice CAC 40 depuis le début de l’année, -35% sur le Dow Jones : la chute des marchés boursiers a été accueillie comme une douloureuse surprise par les investisseurs, particuliers comme institutionnels. Une surprise qui a entraîné la consternation du grand public et une certaine perte de confiance dans un univers financier considéré extrêmement complexe et particulièrement opaque.
Pris de court par l’ampleur de la chute des cours et l’apparente complexité des mécanismes financiers mis en jeu, les médias, avides de sensationnel, n’ont pas hésité à faire planer l’ombre de 1929 sur la situation actuelle, tout en employant des termes actuels peu rassurants : Subprimes, titrisation, hedge funds, paradis fiscaux, etc., ce qui ne favorise guère la sérénité.

Revenons donc sur la crise actuelle en résumant ses causes, ses conséquences et les remèdes proposés de façon à démystifier quelque peu le sujet.

Les origines : crédit Subprime et titrisation

Les prémices de la crise sont apparus durant l’été 2007 avec la crise du crédit Subprime. Le Subprime est alors un crédit hypothécaire à risque très répandu aux Etats-Unis. Il s’agit d’un type de crédit à taux variable gagé sur le logement de l’emprunteur. Le succès de ce crédit vient de sa forte rentabilité et du peu de risque apparent que prenait le prêteur, celui-ci devenant propriétaire du bien si l’emprunteur ne pouvait plus payer. Dans un contexte de hausse rapide des prix de l’immobilier américain, le Subprime est ainsi devenu le produit phare des courtiers en prêt immobilier, certains allant jusqu’à falsifier et majorer les déclarations de revenu des emprunteurs afin de vendre davantage de crédits. Seulement, entre 2004 et 2007, la Fed (la banque centrale américaine) releva son principal taux directeur, passant ainsi de 1% à 5% sur cette période. Le taux de remboursement des crédits Subprimes étant variable et indexé sur ce taux directeur, les ménages américains endettés se sont retrouvés à payés des mensualités de plus en plus élevées et, dans certains cas, devoir rembourser des sommes dépassant leur salaire. Les banques devinrent propriétaires de nombreux logements dans le pays. Or, le marché de l’immobilier ayant baissé sur la même période, les établissements de prêt n’ont pu que constater la perte de valeur de leurs créances. Mais la question est comment cette crise localisée et restreinte à l’immobilier à pu “contaminer” toute la finance mondiale ?

La réponse réside dans le fait que ces crédits Subprimes ne sont pas restés au sein des banques émettrices (les prêteurs) mais ont été transféré sous forme de titres de créances (un peu comme des obligations) à d’autres banques et investisseurs institutionnels via les marchés financiers (Bourse).
C’est ce qui s’appelle la titrisation. A force de passer de mains en mains, les titres de créance Subprimes (devenus “pourris” puisque les emprunteurs ne remboursent plus et que le gage a perdu sa valeur) ont été “mélangés” à des obligations d’états (titres de créances sans risque puisque l’emprunteur est l’Etat - à moins que l’Etat ne fasse faillite, la créance sera recouvrée) pour former un seul et même produit financier. Un produit attractif car bénéficiant d’une excellente notation1 du fait des obligations sans risques qui le composait. C’est ainsi que s’est propagé, tel un virus, le crédit Subprime à travers les marchés boursiers pour se retrouver au bilan de certaines banques, un peu partout dans le monde.

Les effets : chute des marchés boursiers, crise du crédit, risque de récession et crise de confiance

Ainsi les établissements bancaires se sont retrouvés avec, à leur actif, des placements risqués (“contaminés” par le Subprime) dont la valeur a fortement diminué. Cette perte de valeur, même virtuelle, devant être intégrée dans les comptes selon le principe Mark-to-Market, préconisé par les normes comptables internationales (IFRS), réduit, par conséquent, les fonds propres de ces établissements. Or, les normes comptables et prudentielles (Bâle II) obligent les banques à ne pas dépasser un certain montant de positions (placements financiers), proportionnel à la valeur de leurs fonds propres. Les établissements bancaires se sont donc vu obligés de vendre massivement certains actifs (actions, obligations, etc.), d’où une baisse importante du cours des actifs concernés : chute des marchés boursiers.

Les banques ont donc littéralement moins d’argent, ce qui ne les incite pas à prêter. D’autant plus que ce sont justement les prêts qui sont à l’origine de la crise. Les conditions d’attribution de prêts se font plus strictes : c’est le credit crunch, une raréfaction du crédit pour les entreprises et les particuliers. A partir du moment où il y a pénurie de crédit, la consommation des ménages diminue (consommation déjà pas très encouragée par la baisse du niveau des portefeuilles d’actions...), entraînant ainsi un risque de récession économique. Pour les entreprises, le “credit crunch” est également préjudiciable. Outre le fait d’un recours plus difficile au crédit pour soutenir leur développement, les entreprises ne peuvent plus bénéficier de l’endettement massif pour acquérir d’autres entreprises et c’est toute une partie de la transmission d’entreprise qui est dès lors “gelée”. En effet, depuis les années 1970, les acquisitions d’entreprises se faisaient majoritairement via des fonds d'investissements utilisant l’emprunt comme effet de levier : le LBO, Leveraged Buyout. Or, les LBO ont quasiment arrêté depuis l’été 2007.

Par ailleurs, les médias, qui profitent de la crise (jamais la presse financière ne s’était si bien portée), entretiennent un climat de tension et de crainte à coup de superlatifs, tout en maintenant une certaine opacité sur les tenants et les aboutissants de la crise (car les journalistes ne sont peutêtre pas les mieux placés pour parler d’instruments financiers et des enjeux qui s’y rattachent...). Ce qui ne fait, au final, qu’aggraver l'incompréhension du grand public.

1 Des agences de notations sont chargées de noter la qualité de l’émetteur des titres de créances. Dans ce cas, le nom du gouvernement américain apparaissait en tant qu'émetteur, ce qui faisait passer le produit hybride dans la catégorie des AAA, la meilleure notation possible.

Conclusion :
1. Une mauvaise information (volontaire, parfois) de la part de courtiers peu scrupuleux sur les risques liés aux crédits à taux variable,

2. Une utilisation abusive de l’ingénierie financière (titrisation), afin de se “débarrasser” du risque lié aux Subprimes (80% des crédits subprimes étaient titrisés en 2006),

3. Des agences de notations un peu trop crédules, n’ayant pas pleinement considéré les risques
des titres de créances Subprime (ou soumises à des conflits d’intérêts : ces agences sont employées par l’émetteur des titres en question...),

4. Une défaillance des investisseurs institutionnels (banques, compagnies d’assurances, fonds de pensions, etc.) qui ont pris trop de risques en investissant dans des titres de créances à fort taux
de rentabilité, flirtant (dépassant ?) parfois avec leur limite de fonds propres, ont amené à la crise que l’on connaît actuellement.

Quels peuvent en être les remèdes ?
1. Des normes comptables et prudentielles plus proches de l’économie : l’économie étant cyclique, un assouplissement des règles comptables permettrait “d’absorber” les turbulences des marchés sans avoir recours à des débouclages massifs de positions et ainsi éviter certaines faillites. Cela pourrait passer par une évaluation des actifs à la valeur historique (valeur des actifs financiers à leur date d’achat). Les données financières des banques traduiraient, de ce fait, une stratégie de placement à long terme.

2. L’abandon du principe Mark-to-Market qui oblige à réévaluer la valeur des actifs d’une banque à la valeur de marché (stratégie court terme) et qui conduit les établissements à vendre leurs actifs si leur valeur a trop baissé pour rester dans les limites de fonds propres imposés par les normes prudentielles, et ainsi éviter un cercle vicieux (“la valeur de nos placements diminue mais on est obligé de vendre”, ce qui fait baisser d’autant plus les actifs de ces placements : actions, obligations, etc.).

3. Donner plus d’indépendance aux agences de notation vis-à-vis des entreprises qu’elles ont à noter.

4. Contrôler davantage les attributions de prêts, notamment ceux à taux variables.

5. Rationaliser l’ingénierie financière : surveiller les montages abusifs de titrisation, réserver aux professionnels (entreprises) certains instruments financiers de couverture (vente à découverte) et les interdire à la spéculation.

Rq. 1 : Les solutions apportées actuellement (injection massive de liquidité dans les banques, établissements de crédits, d’assurances, etc. par les Etats) sont certes indispensables pour relancer le crédit et donc l’économie mais ne servent qu’à “soigner les symptômes” de la crise (manque de liquidité).

Rq. 2 : Le débat actuel sur les paradis fiscaux n’a rien à voir avec la crise actuelle. La crise soulève des questions économiques et financières. La question des paradis fiscaux est purement fiscale.

Références
Lechypre, Emmanuel. Le Spectre d’une Longue Stagnation. L’Expansion, octobre 2008.
Liscia, Richard. Crise : Branle-bas de Combat. Le Quotidien du Pharmacien, 20 octobre 2008.

 

Nicolas MARTELIN, Jeune Radical 54

Commentaires

Je voudrais particulièrement vous féliciter pour cette "leçon" que vous avez fait sur la crise financière actuelle. Je sors de la lecture de votre rapport pleinement enrichi et satisfait, d'autant plus que je sais dès à présent les causes, les conséquences et les remèdes au phénomène. Je souhaiterais par ailleurs recevoir un dossier complet sur la question vue que je suis étudiant en licence de finance-comptabilité qui aimerais poursuivre plus tard des études en finance internationale.

Ecrit par : Hamed YAMBOUNZE | 24 novembre 2008

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Je voudrais avoir tout un dossier sur ce sujet pour terminer ma recherche en thèse de doctorat.

REPONSE: JE N'AI PAS DE DOSSIER A VOUS ENVOYER, MAIS JE PEUX VOUS COMMUNIQUER LE SITE DU PORTE PAROLE DU GOUVERNEMENT OU VOUS TROUVEREZ DES INFORMATIONS TRES UTILES SUR LA CRISE FINANCIERE DANS LA RUBRIQUE "CLES ACTU", UNE FICHE INTITULEE "L'EUROPE UNIE FACE A LA CRISE FINANCIERE" du 26-10-08 ET L'AUTRE "LE PLAN FRANCAIS POUR LUTTER CONTRE LA CRISE FINANCIERE" DU 16-10-08. C'EST A L'ADRESSE: http://www.porte-parole.gouv.fr/

Ecrit par : Bahraoui Nader | 01 décembre 2008

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C'est un important article qui développe la matière...

Ecrit par : Narcisse | 26 décembre 2008

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J'ai vraiment apprécié cet article.j'avais un devoir à devoir sur la crise économique et financière et grace à tous ces éléments,j'ai obtenu une bonne note en économie politique.une fois de plus merci pour cet article très riche

Ecrit par : Viaudo Palmira | 16 septembre 2009

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